Monday, April 26, 2010
Une bonne étoile
C’est notre 20ème blogue!! Merci énormément d’être nos loyaux lecteurs, ça remplit notre routine quotidienne de vos sourires.
La vie est une vague si puissante. Quand vous pensez que vous aller vous échouer sur le rivage, le courant vous ramène dans la vague déferlante. Ne croyez pas que nous étions sur le point de nous échouer; j’aime seulement le langage pictural de l’océan. Au moment précis où, épuisés, nous déambulions dans Melbourne sans endroit où aller, Katie, la sœur de Cécilia nous a invités à rester chez elle et durant notre séjour chez Katie, une charmante famille nous a invités chez eux pour quelques jours. N’est-ce pas merveilleux? Et il y a encore des gens qui essaient de me décourager de croire en la véritable bienveillance des êtres humains et au pouvoir du synchronisme…
Cabeza
Pendant que nous essayions de trouver du travail sur le sofa de Katie, surplombant le zoo de Melbourne du 7ème étage, Elijah et Raphael apprenaient à manger une banana entière sans aide et à mettre les mains sur leur tête quand papa disait “cabeza” (il vient du Timor-Oriental, qui soit dit en passant, possède une histoire très intéressante… allez voir sur Wiki). De voir des jumeaux de 10 mois apprendre à devenir des êtres humains est aussi fascinant que n’importe quel musée!
Ancien dépotoir
Il y a 25 ans, des hippies visionnaires ont décidé de transformer un dépotoir local où aucun arbre ne poussait en un complexe urbain de permaculture. Ça peut sembler familier à plusieurs d’entre vous, comme une utopie à laquelle nous aurions tous rêvé. Mais ils ont réussi et c’est maintenant un endroit immense qui traite de problèmes de justice sociale aussi bien que d’environnement. Plusieurs choses étonnantes se produisent là chaque jour; c’est au-delà de mes rêves les plus fous. Nous avons découvert ce village écologiquement viable et inspirant le jour de leur Festival de la récolte, où nous avons écouté des chorales de musique du Monde dans les jardins gigantesques, éclairés par des lanternes féériques. Nous nous sommes joints à 148 autres partisans d’un futur plus heureux pour un célèbre festin, préparé par des immigrantes faisant partie d’un projet d’intégration, avec des légumes biologiques produits à la ferme. Wow! Et pour couronner le tout, nous avons d’abord rencontré Charlie, qui nous a montré sa maison dans les arbres, faite de roues de bicyclettes recyclées, puis ce furent Lizzie, Colleen et Rob. Nous avons sympathisé immédiatement : des gens brillants, curieux et intelligents formant une charmante famille. Nous nous sentions si bien avec eux, que nous habitons maintenant chez eux (jusqu’à ce que nous trouvions du travail et un logement, bien sûr)!
Un petit peu d’espoir
Le Tibet n’a peut-être rien à voir avec l’Australie, mais je voulais vraiment partager quelque chose avec vous. Comme j’essaie toujours d’apprendre et de faire plus pour la justice sociale, j’ai accouru au centre ville de Melbourne quand j’ai entendu parler d’une conférence sur les effets des changements climatiques sur les peuples nomades du Tibet. Je m’attendais à verser des larmes comme d’habitude, mais les discours ont conclu sur une note tellement positive que je voulais que le Monde soit au courant pour rester motivé à appuyer ce peuple brutalisé. Il y a un mouvement au Tibet, amorcé à cause de la tempête de protestations entourant les Jeux olympiques, dans lequel les Tibétains sont Tibétains une fois par semaine. Ils n’utilisent pas de mots chinois et ne mangent pas dans des restaurants chinois. Ils peuvent ainsi manifester leur volonté sans risquer d’être tués ou emprisonnés. Ce simple geste a ramené la langue tibétaine dans leur vie et maintenant, les gens peuvent avoir leur page Facebook dans leur langue, Il y a même des vidéos de hip-hop tibétain sur You Tube. Voilà un autre exemple qu’il ne faut pas sous-estimer les effets des petits gestes!
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Monday, April 19, 2010
Pas besoin de payer pour une leçon de calme Qi-Gong…
On dirait que c’est triste de prendre une semaine de répit de notre blog. C’est comme si vous nous manquiez. Comme si on ressentait un manque de vos yeux sur nos mots. Je suis contente d’être de retour!
Le grand maître Qi-Gong Xhan-Fan Soa Ka Liay* m’a doucement annoncé que j’avais le droit de ne pas toujours être mégasupertoujours positive dans l’tapis. Hier j’ai donc accepté le fait qu’être pris sans logis, sans emploi au cœur de Babylone au début de l’hiver australien pouvait être drainant, même si c’est une situation que l’on choisit en optant pour le nomadisme. Une fois cette réalisation bien ancrée dans le calme de mon être, tout est redevenu multicolore d’un seul coup, et j’ai vu une fois de plus toutes les magies qui se passent dans ma vie. Une fois le problème observé et accepté, il revêt un manteau d’apprentissage positif.
Pas besoin de payer pour réaliser un grand rêve (en plus!)
Qui a lu Mémoires d’une Geisha? J’ai l’impression qu’une personne sur deux a lu cet excellent « bestseller », car le soir où j’ai marché à petits pas vêtue d’un joli kimono violet, tous semblaient commenter mon apparat d’après ce qu’ils avaient appris dans cette histoire. Comme quoi on ne sait jamais quand ce qu’on lit dans les fictions nous servira à soutenir une conversation huppée! Le soir du 10 avril, je jubilais. J’étais tellement émue de voir Mariko nouer l’obi rouge de mon kimono, j’ai presque gâché mon beau maquillage! Elle était complètement absorbée par la tâche et me barouettait de gauche à droite pour tirer sur le tissu qui n’en finit plus. Un petit coup sec sur le collet pour dévoiler la nuque et elle criait comme une gamine : « sexy! »! Un mouvement élégant pour m’enseigner à dévoiler le dessous de mon poignet et elle s’exclamait : « sexy! »! Ses yeux brillaient de fierté lorsque j’ai réussi à m’agenouiller sans faire ouvrir outrageusement la fente du kimono. Finalement, après une ribambelle de « sexy! » plein d’émotions, elle m’a expliqué que la mèche de cheveux libre sur le côté gauche de mon visage signifiait mon état sauvage et excitant et mes cheveux bien lissés du côté droit, ma discipline et ma soumission, qualités attrayantes dans la culture japonaise. Ma première heure au party costumé s’est passée dans l’attitude la plus nippone, mais je me suis bien vite rendu compte que j’avais besoin de bouger un peu plus, que j’avais besoin de plus de rondeur. Alors, j’ai essayé quelque chose de jamais vu, qui a fait exploser de rire les amies japonaises ainsi que la sélection multiculturelle qui peuplait le salon; j’ai dansé sexy-afro-hip-hop style dans un kimono extra restrictif. C’était un conflit culturel intense. Sérieusement, c’était quelque chose de fusionner des cultures si lointaines qui en plus ne sont même pas miennes!
Parlant d’échanges culturels, je voulais aussi mentionner que je n’ai pas eu besoin de payer pour être témoin d’une « première fois » enlevante… Lorsque je préparais à diner pour l’équipe de tournage d’un documentaire sur la permaculture urbaine (sous l’œil vigilant de la caméra), j’ai tendu une carotte et une râpe à ma chère Mariko, afin de pourvoir la salade d’orange vif. Elle n’avait jamais râpé de carotte de sa vie, et elle trippait ben raide! Comme quoi quelque chose de banal pour nous ne l’est pas nécessairement chez les Nippons!!!
*Jean-François Carrier
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Monday, April 5, 2010
De Shodo à ikebana, de Bono et bien sûr Cécilia
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La vie est vraiment magique. Imaginez que vous trouvez de la poudre d’étoile au lieu du sel dans votre salière un bel après-midi ensoleillé : votre soupe deviendrait un champ recouvert de millions de fleurs et vous, en volant, seriez le vent qui les fait danser. Après plusieurs tourbillons élégants, vous descendriez probablement doucement en flottant pour atterrir sous un parasol de dentelle dans le jardin de Cécilia, vos pieds glissant délicatement dans les pantoufles fleuries japonaises.
La poudre d’étoile a commence à chatouiller nos yeux et nos cœurs quand Marc a trouvé ce petit paragraphe à propos de Cécilia dans le livre de WWOOFing. Une simple page grise remplie de petits caractères a soudainement semblé s’illuminer. La permaculture urbaine et la culture japonaise vivant en harmonie au centre de Melbourne, sous un toit de vieilles briques pittoresques ornées de spirales de fer forgé! Nous avons bondi dans Shocker, voulant prendre part à un environnement qui pouvait rassembler la ville et les jardins verts.
Sur la route vers notre nouvelle vie, nous avons déambulé dans le plus vieux et le plus grandiose labyrinthe de haies d’Australie, sur la péninsule de Mornington, à des lieues au Sud de Melbourne. Ses jardins environnants fantastiques étaient seulement un prélude à l’existence veloutée qui nous attendait, sans parler du parallèle à faire entre le labyrinthe de haies et les avenues et allées de la Métropole.
Pour tisser un peu plus de diamants dans notre tissue de voyage, Cécilia la professeure de permaculture, traductrice japonaise, étonnante couturière et grande chef cuisinière m’a offert un massage lors de notre première soirée dans sa somptueuse chaumière. Wow!!!! Au moins une HEURE de pur délice sous les lumières roses tamisées. Depuis lors, nous avons travaillé en grande osmose et réussi de merveilleux chef d’œuvres, comme un luxueux souper pour le grand maître de la science cognitive, Edward de Bono (voir le grimoire Wiki pour plus de littérature à propos de ce grand et charmant millionnaire).
Cécilia m’a fait connaître l’art de l’ikebana, et elle croit que j’ai un grand talent. Étant elle-même une très talentueuse artiste qui crée des mondes durables aussi bien sur toiles que sur balcons, je me sens extrêmement reconnaissante de sa confiance et de ses encouragements. J’ai créé plusieurs arrangements floraux dans lesquels j’ai marié fruits et feuilles, fleurs et branches pour rassembler le ciel, la Terre et l’homme tel que préconisé par les 500 ans de tradition de la Terre du Soleil levant.
Il semble que le lointain Nihon m’attendait dans l’alcôve de cette maisonnette. De souriantes et courtoises jeunes Japonaises sont devenues mes amies après avoir partagé avec moi de nombreux rires à propos de leurs dictionnaires numériques Japonais-Anglais. Comme j’ai toujours été attirée par la danse complexe et passionnée du pinceau sur le papier de mûrier, un soir, je me suis décidée à essayer le shodo, ou la calligraphie japonaise. La « façon d’écrire » arête et repart, comme de courtes ou longes respirations qui vont de pair avec nos émotions changeantes. Pour une raison que j’ignore, ma première tentative s’est avérée un étonnant succès, si vous oubliez que j’ai écrit de gauche à droite au lieu de droite à gauche, ce qui a fait rigoler mon maître Tamami. Je vais m’assurer que ma danse du pinceau aura des suites comme je vais m’assurer de vous tenir au courant de mes nouvelles aventures dans a chaumière féérique du quartier Nord de Melbourne.
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Tuesday, March 30, 2010
Retour à la civilisation
Après être sortis vivants des immenses nuages de sauterelles qui prennent le bush d’assaut, nous sommes finalement arrivés là où ça sent bon l’exhaust (à lire à la québécoise : exâââs). Tout d’un coup, les rues fourmillaient de visages aux larges lunettes de soleil et de vitrines avec des clins-clans inutiles ou des vêtements plus mode. Les restaurants nous invitaient avec de la nourriture colorée (vivement plus de salades!) et des tables joyeusement disposées sous le soleil d’automne. Comme vous vous en doutez bien, la ville a aussi semblé aspirer un peu de la bonhommie des résidents des campagnes. Déjà, mes sourires et « g’day » tombaient un peu plus dans l’oubli, répondus seulement par la moitié des gens croisés.
Je me suis rappelé mes premiers pas en sol états-unien après ma longue aventure en Amérique latine. Comme j’avais eu peur! Peur de ne jamais retrouver la fraternité entre étrangers partagée dans les rues des villages. Ici, c’est surtout la fraternité des haltes routières que j’avais du mal à quitter, et bien sûr la tranquillité sécurisante des rues presque désertes, seulement vêtues du chant des perroquets et du bruit des camions lourds. L’Australie est magnifique pour un tas de choses, dont son système de haltes routières aménagées pour les campeurs. On y dort gratuitement, parfois avec pour seules amies les étoiles et parfois bercés par le grondement incessant des trains routiers. La terre des koalas étant immense, le « road trip » est une formule prisée chez ses résidents. Dans les haltes se forment des communautés aux liens serrés chaque soir, dans lesquelles les caravaniers perpétuels ou en vacances partagent leurs histoires, leurs visions politiques ou les aventures de leurs enfants au large. Tout ça autours d’une bière Aussie, une sorte de liquide jaunâtre très amer (merci Québec pour tes bonnes bières!). J’appréhendais donc une adaptation un peu ardue à l’environnement urbain, mais je savais aussi qu’elle serait couronnée d’émerveillement à la tonne.
Comme Marc vous l’a déjà mentionné, notre première incursion à « Babylone » fut récompensée par une attaque en plein parc familial. Gros coup dur pour le cœur planétaire; pour mon cœur de mère universelle, pour mon cœur de repriseuse de droits humains (et qui aimerait l’être toujours plus activement). Il y a tellement d’enfants sans enfance. Merci à tous mes amis qui guident merveilleusement les leurs sur cette terre, et les parents qui les ont si bien guidés et qui continuent j’en suis sûre. Il n’y avait aucune peur à avoir pour notre sécurité, étant avec plein de familles un dimanche ensoleillé, mais bien des réflexions à faire sur des sujets qui semblent parfois ne pas avoir de porte de sortie. Nous étions bien déçus de voir que malgré notre authentique intérêt et foi en la richesse du peuple aborigène, nous retrouvions souvent ses membres en situation sociale précaire. La situation de peuple conquis est vraiment compliquée et profondément triste. Ce qui est important de mentionner par contre est que l’enfant qui a frappé Marc était un des deux blancs de la bande. Peut-être que ça ne veut rien dire, ou peut-être que les sociologues trouveraient une explication intéressante à ce phénomène. Malgré cet incident, nous continuons à nous intéresser à toutes les cultures et surtout à profiter de la manne de rencontres ethniques et éclectiques que nous procure la ville. Nous arrivons à Melbourne le sourire aux lèvres et plein de volonté dans nos bagages.
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Tuesday, March 23, 2010
Trop de choses à dire…
Ne jamais prendre la même route deux fois, c’est un peu notre devise. C’est pourquoi, lorsque nous avons quitté Magnetic Island le 1er mars, nous avons décidé de traverser l’Australie du Nord au Sud en prenant par le Bush, l’antichambre du fameux « Outback ». S’étendait devant nous un parcours dans le Grand Territoire Inhabité, si je peux me permettre de lui donner un nom. Ce fut une méditation souveraine, un « heureux choix » rempli de paysages surprenants, un exercice de respiration d’air frais formidablement bénéfique et une rencontre fantastique avec des cowboys et d’autres du même genre.
Notre premier arrêt fut à Charters Towers, 133 km à l’ouest de Townsville. La pittoresque rue principale avec son étalage de fer forgé tel de la dentelle aux coins des édifices a fait fondre nos cœurs sous un soleil éclatant. Déjà, on pouvait voir des adolescents se promener affublés de l’attirail classique du cowboy : chapeau, bottes, et jeans à taille haute. J’étais follement heureuse (vous savez comme j’aiiiiiime me trouver dans des endroits qui ne me sont pas familiers…).
Plusieurs personnes avaient un petit sourire mystérieux quand nous leur faisions part de nos plans de route. Nous avons compris pourquoi quand, épuisés mais dynamisés, nous sommes arrêtés dans un mini-village pour passer la nuit dans notre tente après avoir parcouru environ 400 km sur une route n’ayant RIEN que les horizons infinis devant soi. Il n’y avait eu qu’un seul arrêt: un commerce vide avec deux pompes à essence, un cowboy qui fumait et un chien qui dormait. Nous avons aussi fait des signes de la main à quelques vaches solitaires, mais elles étaient trop occupées à brouter pour nous répondre. Alors, nous nous sommes retrouvés à Clermont, au pays des gemmes. Là, nous avons rencontré des gens qui vivaient dans un petit parc pour caravanes et gagnaient leur vie en vendant l’or qu’ils trouvaient en fouillant un peu partout. Ils vendaient des détecteurs de métal et essayaient de nous convaincre que nous pourrions gagner notre vie en creusant dans les roches, mais nous devions apprendre comment faire en achetant d’abord un DVD à 79 $...
Puis nous avons atteint les inondations. Il n’avait pas plu autant depuis plus de 150 ans. 80% de la population de St-George a été évacuée. Mais voua savez quoi? La tristesse de perdre sa maison et ses biens était occultée par la joie extrême d’avoir finalement survécu aux dix ans de sécheresse et d’avoir des réservoirs d’eau rempli pour désaltérer tout le monde pendant des années. C’est toujours agréable de voir du bonheur sortir du malheur.
Pendant le voyage, nous avons vu des prairies luxuriantes et des champs desséchés ; partout, le maître pasteur avait réussi à créer un pays adapté pour ses différents cheptels. Comme nous descendions vers le Sud, les vaches côtoyaient des troupeaux immenses de moutons, quelques émeus, une poignée de cerfs et d’alpagas, tous visités par une foule d’oiseaux amicaux, de lapins et bien sûr, de kangourous. Au centre de la Nouvelle-Galles du Sud, nous avons traversé d’immenses champs de coton, de maïs, de lavande et avons vu plusieurs oliveraies. Je vous jure que les petits villages que nous avons traversés n’ont pas vu beaucoup de touristes d’outremer. Un ami australien que nous avons rencontré en chemin nous a aussi affirmé que nous avons vu des paysages que seulement environ 0,2 % d’Australiens ont vus. Eh bien, c’était quelque chose, de prendre une bière de gingembre Bundaberg dans une taverne perdue, fréquentée par des cowboys éreintés.
Chaque village veut tellement kidnapper les voyageurs un moment, qu’ils vous invitent, l’un après l’autre, à plus ou moins 100 km l’un de l’autre, avec de grands panneaux vous informant qu’ils étaient la ville la plus propre d’Australie en 2006, ou la ville la plus amicale du Queensland en 2008, une avait même l’audace de se vanter d’être la capitale du sport d’Australie (!?!). De plus, ils ont l’air de demander à tous leurs concitoyens d’amasser leur vieil équipement agricole, leur argenterie et toutes sortes de bricoles pour créer des musées de fortune, parce que chaque petite communauté nous invitait à visiter leur musée patrimonial dans un grand hangar au milieu du village. Par contre, ils peuvent sans gêne vanter les qualités de leurs aînés, car, partout où nous arrêtions, nous avons rencontré ces gentilles fées du Bush aux blancs cheveux, toujours émerveillées par nos aventures et nous offrant leur plus beau sourire …Nous préférons vraiment les musées patrimoniaux « vivants »!
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Monday, March 15, 2010
La poésie des Bottle Trees
Sur les vallons vert tendre, mes yeux se perdent à l’infini. Le soleil brille entre deux pluies et parait raviver une rosée scintillante sur chaque brin d’herbe de l’arrière-pays. Mon regard se réapproprie l’horizon et sautille de chef-d'œuvre en chef d’œuvre, tous bien différents les uns des autres, tous uniques.
Ils m’attirent et me réveillent, m’émerveillent et me rappellent le besoin de célébrer la vie. Ces œuvres d’art naturelles sont pour moi des femmes. Des femmes dans toute la splendeur de leur grande variété de formats, toutes aussi magnifiques les unes que les autres dans leur unicité. Elles sont grandes et longues, petites et rondes, certaines ont la taille fine et des hanches comme des collines et d’autres nous surprennent pas la rondeur de leurs fesses. Il y en a même qui ont l’air de porter la vie. Mais, toutes sans exception lèvent leurs bras vers le ciel, qui semblent nous inviter à danser, à célébrer la beauté dans sa variété. En ce mois hôte de la journée internationale de la femme, en voyant cette manifestation de la nature, j’ai réitéré mon souhait de voir un jour des sociétés où les femmes sont bien dans leur peau peu importe le dessin de leurs courbes.
Je vous décris ma vision un peu romancée des Bottle Trees, espèce d’arbre très similaire en apparence aux baobabs, qui peuple les abords des routes désertes du Central Queensland. Juste à les regarder, je me tortillais dans la voiture tellement l’envie de les joindre dans leur danse toute ronde était forte. Une fois arrêtée dans un village de quelques personnes, souvent niché dans le milieu de je ne sais où, je me déliais les jambes en aidant Marc à monter le campement de fortune pour la nuit.
Par un bel après-midi doré et silencieux, quelle ne fut pas notre surprise de voir apparaître un petit homme, tout droit sorti des bois où, nous croyions, vivaient seulement les wallabies, kangourous et wombats. Il marche d’un pas décisif, mais saccadé, ses yeux bleus rivés sur Marc qui s’apprête à devenir « bush mechanic » d’un jour. Richard s’est établi en Australie en 1959 et n’est jamais retourné en Pologne, son pays natal. Il a par contre construit son propre grand voilier dans la baie de Sydney et est parti vivre en Papouasie Nouvelle-Guinée et en Indonésie pour à peu près 10 ans. Dans les années soixante, les îles étaient encore des paradis presque intouchés par l’empreinte occidentale. À travers ses vieilles photos, nous avons vu des tribus danser et des jeunes filles poser, un sourire coquin en coin, bien sur dédié au nomade polonais-australien. Richard nous a partagé ses 73 ans de vie en une seule matinée, avec une simplicité désarmante qui nous a réchauffé le cœur pendant que la pluie refroidissait le continent une fois de plus. Assis à travers toutes ses breloques accumulées au fil de ses vingt ans perdus dans le bush, dans sa maison à l’odeur d’humidité, nous lui avons offert de la compagnie comme il en reçoit rarement. En nous montrant fièrement les arbres fruitiers et les jardins qu’il a plantés, Richard a dit : « I like seeing things grow ». Et bien, avec ce que j’ai connu de lui en un matin, je suis sûre qu’il aurait été un bon grand-papa.
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Monday, March 8, 2010
Cendrillon et les koalas
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Il y a environ un mois, j’étais fatiguée de sentir que je pourrais faire plus pour la planète. Je me sentais tout sauf utile, que ce soit pour les gens ou pour la nature. Alors, j’ai commencé à chercher de l’information sur les projets de bénévolat en nature et conservation de la faune. J’ai trouvé un projet d’échange de travail qui permettait d’approcher la faune australienne dans un environnement pédagogique. De plus, il était mentionné que nous travaillerions avec des animaux blessés. Marc et moi étions tellllllement captivés, que nous avons changé nos plans pour nous diriger vers cet endroit au Nord, Magnetic Island.
Le plan était que nous alternerions le travail : je ferais l’entretien ménager pendant trios semaines pendant que Marc travaillerait avec les animaux et nous ferions l’inverse pendant trois autres semaines. Tout semblait beau, alors on a offert à « Shocker » un voyage en traversier et nous sommes arrivés sur cette magnifique île à quelques kilomètres à l’est de Townsville, dans le Queensland tropical.
Nous sommes restés ici seulement une semaine et nous partons demain matin.
Mais avant de vous dire pourquoi nous partons, je veux vous parler de la magnificence de Magnetic, affectueusement nommée « Maggie » par les résidents. C’est complètement différent du reste de la région. Dès qu’on aperçoit ses littoraux et sa végétation. Nous sommes transportés par un tourbillon de souvenirs qui transforment l’instant présent en un plaisir culminant. Les arbres à feuillage persistent qui peuplent les collines apportent des odeurs de chez nous et la façon dont ils se mêlent aux jolis rochers colorés nous ramènent au merveilleux Big Sur et au nord de la Californie. Cette île est certainement un vortex de quelque sorte, car vous avez l’impression d’être transporté dans un immense site sacré où des ancêtres de pierre protègent vos pas à chaque tournant du chemin. Les formations rocheuses roses qui s’élèvent inspirent le respect et l’émerveillement devant cette île presque inhabitée. Leur forme ronde évoque la sensualité des dunes du désert et sont parfaites pour s’y étendre quand elles ont absorbé les bienfaits d’une journée entière de soleil. Ce qui est encore plus merveilleux à propos de Maggie, c’est qu’il s’agit d’un refuge de Koalas, et que vous pouvez vraiment repérer des taches de mignonnes petites boules de fourrure grise en train de manger des feuilles d’eucalyptus, confortablement assises à la rencontre de deux branches. Les koalas ont beaucoup d’amis sauvages aussi. Rien qu’en se promenant autour de l’auberge où nous logeons, nous avons vu plein de wallabies (même en plein jour!), beaucoup de mignons opossums essayant de s’approprier notre nourriture et plusieurs familles de courlis, l’oiseau avec lequel je suis tombée en amour en novembre dernier dans un parc faunique. Le courlis a de beaux grands yeux séducteurs et est tellement élégant sur ses échasses. Je dois par contre admettre qu’il émet des sons vraiment étranges…ainsi que presque toute la faune australienne, incluant notre mignon koala, qui renifle un peu comme un porc, mais en pire.
Alors, pourquoi partons-nous? Parce que, pour la première fois dans la vie de Steph, elle a eu affaire à un méchant patron, qui semblait prendre plaisir à donner à tous l’impression d’être stupides. Pour la première fois, j’ai senti mon amour inconditionnel être défié et j’ai prié pour être suffisamment « zen » pour transformer toute cette négativité en énergie positive à mesure que le temps passait. Comme je n’étais même pas payée, nous avons simplement décidé de dire notre sincère au revoir à nos amis de la faune et de prendre un nouveau départ. Steph et Marc reprennent la route, prêts pour de nouvelles aventures qui transforment la vie!
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