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Le gobelin au très gros nez guide la jeune fille dans le marécage sale et boueux. Les eaux vaseuses éructent des gaz nauséabonds, ce qui rend l’expédition de sauvetage du bébé très difficile…
Vous me suivez?
Le marécage de l’éternelle puanteur n’est pas un produit de mon imagination : il existe dans Labyrinthe, le film de Jim Henson mettant en vedette David Bowie en affreux collants de couleur pastel. Bon, maintenant, vous vous demandez où je veux en venir avec ça.
Dans la forêt tropicale humide, l’eau est limpide comme du cristal et voyage souvent dans de grandes cascades qui dévalent les falaises. Les montagnes ressemblent à des champs d’émeraude, leurs cimes lointaines couronnées de nuages légers et laiteux. Il n’y a certainement pas de marécage qui éructe et je n’ai pas aperçu de gobelins, même si j’ai rencontré beaucoup de leurs magnifiques compagnons tels les papillons bleu métallique et les minuscules martins-pêcheurs violet et orange. Mais après quatre jours vécus à l’extérieur dans le Paradis, durant la très puissante saison des pluies, je me sentais un peu comme quelqu’un qui aurait essayé de survivre au marécage de l’éternelle puanteur.
Tous les rares effets que j’avais laissés à l’extérieur, les plantes, le chien, mes cheveux, mes chaussures, le chapeau de Marc et mon corps tout entier ont commencé à moisir. Parce que, vous voyez, il pleut chaque jour, sans arrêt. De plus, même si vous sentez la moisissure, il faut quitter la canopée dense pour voir la couche de velours bleue qui couvre votre glacière, vos shorts, vos bas et vos sous-vêtements. La forêt tropicale humide est si dense que vous passez la presque totalité de votre temps sous une lumière qui émule les teintes dont la brunante peint le ciel. Je ne le croyais pas mais, même mon imperméable Patagonia, à la fine pointe de la technologie, était moisi. J’ai dû le faire tremper dans le vinaigre.
Néanmoins, la forêt tropicale HUMIDE est magnifique à couper le souffle, luminescente sous le millier de gouttelettes de pluie qui nourrissent le sol pendant quelques mois. Chaque feuille, de la petite feuille du bouleau au gigantesque « éventail » du palmier, étincelle comme un feu d’artifice sur un lac brumeux.
Quand vous vivez et participez au WWOOF (Programme World Wide Opportunities on Organic Farms) au « Platypus Bush Camp », vous finissez par envier vos amis les ornithorynques de la rivière, car ils ont une excellente protection contre l’humidité … Et cela vous fait apprécier le plus simple des conforts : une chose que l’on nomme « intérieur ». Depuis que nous avons commencé notre périple en Australie, Marc et moi avons vécu dans l’automobile pendant environ un mois, puis dans une petite tente pendant deux mois. À la fin de cette aventure dans la jungle, je réalise, encore une fois, combien il est merveilleux de CHOISIR sciemment de réduire son niveau de confort. Cela vous fait tellement plus apprécier les petits détails. Je suis extrêmement heureuse rien qu’à sentir des vêtements fraîchement lavés, des draps propres contre ma peau, à l’idée d’un lit et à l’odeur d’un bon thé. Je n’arrive même pas à décrire le bonheur de trouver un sofa douillet pour m’y étendre …
J’ai toujours cru que le bonheur était tissé des petites choses de la vie. Bien sûr, j’y ajouterais la splendeur des êtres aimés, qui seraient les perles incrustées dans le tissu, le rendant éternel, puisque les perles ne disparaissent pas avec le temps. En plus, elles apportent un éventail de couleurs irisées qui soutiennent nos humeurs et nos espoirs renouvelés …
Merci d’être là!
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Tuesday, February 23, 2010
Tuesday, February 16, 2010
Tatouages d’aisselles
Read the English translation
Nous avons presque tout inventé pour nous « embellir ». Nous changeons nos cheveux, brunissons notre peau, malheureusement nous ajoutons ou enlevons des parties de nos corps et nous trouons ou dessinons des galeries d’arts sur nos murs de peau. Nous choisissons des tissus colorés, voilés, brodés et parfois même aussi brillants qu’un ciel étoilé. Et je nous trouve beaux, dans notre variété sans bornes. Je dois vous avouer que quelques fois, je ne peux que m’emplir de l’humilité la plus grande devant la création de notre Mère la Terre.
Bon, je sais que certaines d’entre nous ont eu la chance de se faire « électrolyser » ou « lasériser » (ça sonne presque comme de la torture…!) les aisselles. Alors c’est logique de vouloir rendre plus attrayantes même les alcôves les plus oubliées de nos corps. Mais je crois que certains des habitants de Gaia qui se trouvent au « profond » de ses entrailles nous volent la vedette. Qui a déjà pensé à se tatouer les aisselles? Je suis sûre que quelqu’un l’a déjà fait, mais disons que ce n’est pas la norme. Par contre, c’est sûrement la norme chez mes poissons préférés, les poissons perroquets. J’ai médité plusieurs fois devant des beautés incroyables, mais chaque fois que je me retrouve près d’eux, je me sens petite même en étant pas mal plus grosse avec ma combinaison de plongée, mon masque gigantesque et ma bouteille d’oxygène qui ressemble à une bombe! Ils sont « célestement » beaux. Je suis certaine que tous les dieux de toutes les religions du monde ont dû en venir à un partenariat dans lequel ils devaient essayer d’utiliser toute la palette de couleurs terrestres en un seul être vivant. Et non seulement ils ont réussi, mais ils ont aussi réussi à combiner une bonne partie des motifs déjà existants!
Du labyrinthe celtique sur le dessus du mini crâne à l’arc-en-ciel lunaire sur la queue, en passant par les triangles des nageoires jusqu’aux cercles des écailles qui rappellent la Fleur de Vie, le poisson perroquet est une archive millénaire qui contient une liste mondiale de tous les arts. Je pense que s’ils pouvaient lire, ils seraient très touchés! Et ils deviennent même différents quand le soleil plombe; ils brillent comme l’opale et on peut voir près de leur tête une petite pluie d’étoiles filantes.
Je ne pouvais pas pleurer parce que je n’aime pas avoir de l’eau dans mon masque, mais je crois que j’aurais bien pu ajouter un peu à l’eau du Pacifique tellement j’étais contente de retrouver mes vieux amis que je n’avais pas vu depuis Hawai’i. Comme c’était bon de se retrouver au pays des bulles, avec des paysages sans cesse changeants! J’ai flotté depuis les landes de boules de crème glacée gigantesques jusqu’au district des bouches violettes et turquoise métallique qui s’ouvrent et se ferment comme si elles voulaient me faire partager en quelques instants toute la grandeur de leur pays. Et à travers tout ça, je vous ai tenu la main pour que vous puissiez voyager avec moi et être aussi témoins de la grâce de milliers de fleurs sous-marines qui oscillent au gré du courant.
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Nous avons presque tout inventé pour nous « embellir ». Nous changeons nos cheveux, brunissons notre peau, malheureusement nous ajoutons ou enlevons des parties de nos corps et nous trouons ou dessinons des galeries d’arts sur nos murs de peau. Nous choisissons des tissus colorés, voilés, brodés et parfois même aussi brillants qu’un ciel étoilé. Et je nous trouve beaux, dans notre variété sans bornes. Je dois vous avouer que quelques fois, je ne peux que m’emplir de l’humilité la plus grande devant la création de notre Mère la Terre.
Bon, je sais que certaines d’entre nous ont eu la chance de se faire « électrolyser » ou « lasériser » (ça sonne presque comme de la torture…!) les aisselles. Alors c’est logique de vouloir rendre plus attrayantes même les alcôves les plus oubliées de nos corps. Mais je crois que certains des habitants de Gaia qui se trouvent au « profond » de ses entrailles nous volent la vedette. Qui a déjà pensé à se tatouer les aisselles? Je suis sûre que quelqu’un l’a déjà fait, mais disons que ce n’est pas la norme. Par contre, c’est sûrement la norme chez mes poissons préférés, les poissons perroquets. J’ai médité plusieurs fois devant des beautés incroyables, mais chaque fois que je me retrouve près d’eux, je me sens petite même en étant pas mal plus grosse avec ma combinaison de plongée, mon masque gigantesque et ma bouteille d’oxygène qui ressemble à une bombe! Ils sont « célestement » beaux. Je suis certaine que tous les dieux de toutes les religions du monde ont dû en venir à un partenariat dans lequel ils devaient essayer d’utiliser toute la palette de couleurs terrestres en un seul être vivant. Et non seulement ils ont réussi, mais ils ont aussi réussi à combiner une bonne partie des motifs déjà existants!
Du labyrinthe celtique sur le dessus du mini crâne à l’arc-en-ciel lunaire sur la queue, en passant par les triangles des nageoires jusqu’aux cercles des écailles qui rappellent la Fleur de Vie, le poisson perroquet est une archive millénaire qui contient une liste mondiale de tous les arts. Je pense que s’ils pouvaient lire, ils seraient très touchés! Et ils deviennent même différents quand le soleil plombe; ils brillent comme l’opale et on peut voir près de leur tête une petite pluie d’étoiles filantes.
Je ne pouvais pas pleurer parce que je n’aime pas avoir de l’eau dans mon masque, mais je crois que j’aurais bien pu ajouter un peu à l’eau du Pacifique tellement j’étais contente de retrouver mes vieux amis que je n’avais pas vu depuis Hawai’i. Comme c’était bon de se retrouver au pays des bulles, avec des paysages sans cesse changeants! J’ai flotté depuis les landes de boules de crème glacée gigantesques jusqu’au district des bouches violettes et turquoise métallique qui s’ouvrent et se ferment comme si elles voulaient me faire partager en quelques instants toute la grandeur de leur pays. Et à travers tout ça, je vous ai tenu la main pour que vous puissiez voyager avec moi et être aussi témoins de la grâce de milliers de fleurs sous-marines qui oscillent au gré du courant.
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Monday, February 8, 2010
Je suis Eddy Murphy… plus maintenant
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Vous souvenez-vous du nigaud de professeur? Ce film dans lequel un professeur obèse devient mince et « beau »pour attirer une fille, puis redevient obèse? Et bien…c’était moi…ou plus précisément, mon pied et seulement la partie « obèse ». Il (Eddy Murphy) regardait ses pieds enfler comme si quelqu’un les avait gonflés comme des ballons. Le mercredi 13 janvier, une force invisible a décidé que ce serait le sort de mon pied droit. Une chose appelée sang s’est précipitée vers ma cheville comme si elle avait appelé le 911 et établi un état d’urgence. Pendant que mes yeux se remplissaient de larmes, l’état-major de l’équipe d’urgence de mon corps avait tellement gonflé mon pied qu’il n’avait même plus l’air d’un pied.
Un cadre de métal très lourd est tombé sur ma cheville exactement à 17 h, comme je fermais les portes de la pâtisserie. Et à ma grande déception, ce fut la fin de ma carrière de pâtissière. J’ai eu des béquilles, deux rayons X (il faut conduire 1,5 heure à l’aller et au retour pour les avoir), de la physio et une très bonne aide de la part de « Work Cover » (comme la CSST), de la pâtisserie et des quatre docteurs que j’ai consultés. Rien n’est cassé. Juste très souffrant. Dans environ trios semaines, je pourrai marcher normalement!
Vous pouvez vous imaginer ce que c’est que de marcher dans l’auberge avec mes béquilles chaque jour. Comme je ne pouvais aller nulle part, j’étais toujours dans la partie commune, où des tonnes de nouveaux routards me posaient la même question : « Comment t’es-tu blessé le pied? », Et immédiatement après me disaient : «Quel dommage de t’être blessée pendant ton voyage! ». Je leur répondais qu’il y avait des choses bien pires dans la vie et que mon existence était chaque jour magique malgré tout. Ils semblaient surpris par mon attitude positive. Un jour, j’ai pu leur fournir un très bon exemple de « choses bien pires ». Il y avait un nouveau client à l’auberge, un Israélien parlant un excellent anglais et ayant un très grand sens du partage. Malheureusement, son corps et sa figure n’étaient pas aussi bien que son intellect, par contre. Il était très lourdement handicapé, avec des membres et des traits déformés comme l’eucalyptus qui évite l’orage. Il se déplaçait presqu’en dansant, avec deux béquilles qui semblaient être devenues une part de lui-même. Il jouait au ping-pong avec sa bonne main et enlevait son t-shirt pour se baigner dans la piscine et discuter avec les autres voyageurs. Il m’a demandé ce qui était arrivé à mon pied, avec un réel intérêt pour moi. Wow!
Après deux semaines et demie, l’état de mon pied s’est amélioré; assez pour me tenir debout pour assister à la course de crapauds qui avait lieu durant la fête nationale australienne. Me tenant fièrement en vert et or (les couleurs officielles d’Oz), j’ai aussi sauvé la vie d’un participant au concours de nourriture en lui donnant de l’eau (Marc a aussi a participé à ce concours) et j’ai joué avec les chiens et leurs drapeaux australiens.
Finalement, nous avons décidé que mon nigaud de pied allait assez bien pour quitter Agnes après deux mois. Nous avons quitté l’endroit après deux jours d’inondations, traversant les rivières à bord de notre épique Shocker. Il était temps de partir: seulement dix minutes après avoir levé le camp sous une pluie torrentielle, une rivière s’est créée et a envahi le champ, exactement où nous posions nos têtes chaque nuit. C’est tout simplement merveilleux comment le paysage se modifie pour réinventer le monde. Comme une femme enceinte. J’aimerais voir le réchauffement planétaire de cette façon…
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Vous souvenez-vous du nigaud de professeur? Ce film dans lequel un professeur obèse devient mince et « beau »pour attirer une fille, puis redevient obèse? Et bien…c’était moi…ou plus précisément, mon pied et seulement la partie « obèse ». Il (Eddy Murphy) regardait ses pieds enfler comme si quelqu’un les avait gonflés comme des ballons. Le mercredi 13 janvier, une force invisible a décidé que ce serait le sort de mon pied droit. Une chose appelée sang s’est précipitée vers ma cheville comme si elle avait appelé le 911 et établi un état d’urgence. Pendant que mes yeux se remplissaient de larmes, l’état-major de l’équipe d’urgence de mon corps avait tellement gonflé mon pied qu’il n’avait même plus l’air d’un pied.
Un cadre de métal très lourd est tombé sur ma cheville exactement à 17 h, comme je fermais les portes de la pâtisserie. Et à ma grande déception, ce fut la fin de ma carrière de pâtissière. J’ai eu des béquilles, deux rayons X (il faut conduire 1,5 heure à l’aller et au retour pour les avoir), de la physio et une très bonne aide de la part de « Work Cover » (comme la CSST), de la pâtisserie et des quatre docteurs que j’ai consultés. Rien n’est cassé. Juste très souffrant. Dans environ trios semaines, je pourrai marcher normalement!
Vous pouvez vous imaginer ce que c’est que de marcher dans l’auberge avec mes béquilles chaque jour. Comme je ne pouvais aller nulle part, j’étais toujours dans la partie commune, où des tonnes de nouveaux routards me posaient la même question : « Comment t’es-tu blessé le pied? », Et immédiatement après me disaient : «Quel dommage de t’être blessée pendant ton voyage! ». Je leur répondais qu’il y avait des choses bien pires dans la vie et que mon existence était chaque jour magique malgré tout. Ils semblaient surpris par mon attitude positive. Un jour, j’ai pu leur fournir un très bon exemple de « choses bien pires ». Il y avait un nouveau client à l’auberge, un Israélien parlant un excellent anglais et ayant un très grand sens du partage. Malheureusement, son corps et sa figure n’étaient pas aussi bien que son intellect, par contre. Il était très lourdement handicapé, avec des membres et des traits déformés comme l’eucalyptus qui évite l’orage. Il se déplaçait presqu’en dansant, avec deux béquilles qui semblaient être devenues une part de lui-même. Il jouait au ping-pong avec sa bonne main et enlevait son t-shirt pour se baigner dans la piscine et discuter avec les autres voyageurs. Il m’a demandé ce qui était arrivé à mon pied, avec un réel intérêt pour moi. Wow!
Après deux semaines et demie, l’état de mon pied s’est amélioré; assez pour me tenir debout pour assister à la course de crapauds qui avait lieu durant la fête nationale australienne. Me tenant fièrement en vert et or (les couleurs officielles d’Oz), j’ai aussi sauvé la vie d’un participant au concours de nourriture en lui donnant de l’eau (Marc a aussi a participé à ce concours) et j’ai joué avec les chiens et leurs drapeaux australiens.
Finalement, nous avons décidé que mon nigaud de pied allait assez bien pour quitter Agnes après deux mois. Nous avons quitté l’endroit après deux jours d’inondations, traversant les rivières à bord de notre épique Shocker. Il était temps de partir: seulement dix minutes après avoir levé le camp sous une pluie torrentielle, une rivière s’est créée et a envahi le champ, exactement où nous posions nos têtes chaque nuit. C’est tout simplement merveilleux comment le paysage se modifie pour réinventer le monde. Comme une femme enceinte. J’aimerais voir le réchauffement planétaire de cette façon…
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Thursday, January 21, 2010
La Croix du Sud dans les yeux
Read the English translation
Les dunes défilent sous nos yeux, « abriés » d’étranges touffes verdoyantes qui se cachent sous les branches tordues des melaleucas. Ces grands arbres médicinaux survivent aux grosses tempêtes année après année en se tordant la tête vers le sol, ce qui crée une canopée aux formes sans cesse changeantes. Mes yeux valsent depuis la fenêtre où ils filtrent le vert abondant jusque vers le devant de la route où je vois passer un émeu ou un wallaby, puis s’accrochent au rétroviseur. À travers celui-ci, j’observe les pattes d’oie qui ornent merveilleusement les yeux bleus de mer du chauffeur. Témoins du soleil australien, des sourires adressés à ses cinq enfants et des maintes vagues parfaites qui ont soulevé sa planche de surf, les pattes d’oie me mettent pour une seconde fois en confiance. Je relaxe, même si je dois m’accrocher pour ne pas m’échouer sur mes voisins lors de cette balade « off road ».
Mick est vraiment « Australien », comme le monde s’imagine après avoir vu Crocodile Dundee. Ses cheveux dorés rehaussent le bronzage permanent qui réussit à cacher sa population immense de taches de rousseur. Sous le soleil, on dirait qu’il brille, par son sourire décontracté et par ses yeux passionnés. Je le croise presque chaque jour et toujours j’ai l’impression de me trouver devant un sage petit gamin de dix ans. Il me pince le flanc ou me fait une blague que je comprends une fois sur deux, comme je suis encore en processus d’apprentissage de l’accent australien. Je crois qu’il possède la clé du bonheur, peut-être même le secret de la jeunesse éternelle.
Mick amène chaque jour des groupes de jeunes « backpackers » découvrir les beautés du Deepwater National Park. Il doit répéter les mêmes trucs chaque semaine, et pourtant, les deux fois où je l’ai accompagné, son intérêt et sa vivacité m’ont semblés renouvelés. Comme je « capote » sur Mère Nature et ses beautés, je l’ai assailli de questions…
Mes meilleurs amis ne sont maintenant nuls autres que… les concombres de mer! Ils émettent une substance qui couvre la surface de leurs petits bassins d’eau et les protègent des rayons UV. De la crème solaire naturelle! Quand ils sont agressés, ils « jutent » une substance blanchâtre qui colle la bouche des prédateurs. Cette substance devient un fil très dur qui me rappelle la babiche. Mick l’a d’ailleurs utilisée pour réparer son harpon, comme l’a probablement fait le Premier Peuple d’Australie. Si on poignarde plusieurs fois un concombre de mer (?!?), il redevient comme neuf après quelques heures seulement. Moi je trouve ça complètement magique!
Après nos visites chez les concombres marins, c’est le temps de se régénérer. On nage dans une rivière où il n’y a personne à part la présence grandiose des melaleucas, une fois de plus. Ici, ils sont dans l’eau et la rendent antiseptique et vraiment bonne pour la peau. Elle a aussi un goût de thé à l’eucalyptus. Je regarde Mick qui m’envoie une rafale d’eau rouge en plein visage, on rit et je suis contente d’être en Australie.
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Les dunes défilent sous nos yeux, « abriés » d’étranges touffes verdoyantes qui se cachent sous les branches tordues des melaleucas. Ces grands arbres médicinaux survivent aux grosses tempêtes année après année en se tordant la tête vers le sol, ce qui crée une canopée aux formes sans cesse changeantes. Mes yeux valsent depuis la fenêtre où ils filtrent le vert abondant jusque vers le devant de la route où je vois passer un émeu ou un wallaby, puis s’accrochent au rétroviseur. À travers celui-ci, j’observe les pattes d’oie qui ornent merveilleusement les yeux bleus de mer du chauffeur. Témoins du soleil australien, des sourires adressés à ses cinq enfants et des maintes vagues parfaites qui ont soulevé sa planche de surf, les pattes d’oie me mettent pour une seconde fois en confiance. Je relaxe, même si je dois m’accrocher pour ne pas m’échouer sur mes voisins lors de cette balade « off road ».
Mick est vraiment « Australien », comme le monde s’imagine après avoir vu Crocodile Dundee. Ses cheveux dorés rehaussent le bronzage permanent qui réussit à cacher sa population immense de taches de rousseur. Sous le soleil, on dirait qu’il brille, par son sourire décontracté et par ses yeux passionnés. Je le croise presque chaque jour et toujours j’ai l’impression de me trouver devant un sage petit gamin de dix ans. Il me pince le flanc ou me fait une blague que je comprends une fois sur deux, comme je suis encore en processus d’apprentissage de l’accent australien. Je crois qu’il possède la clé du bonheur, peut-être même le secret de la jeunesse éternelle.
Mick amène chaque jour des groupes de jeunes « backpackers » découvrir les beautés du Deepwater National Park. Il doit répéter les mêmes trucs chaque semaine, et pourtant, les deux fois où je l’ai accompagné, son intérêt et sa vivacité m’ont semblés renouvelés. Comme je « capote » sur Mère Nature et ses beautés, je l’ai assailli de questions…
Mes meilleurs amis ne sont maintenant nuls autres que… les concombres de mer! Ils émettent une substance qui couvre la surface de leurs petits bassins d’eau et les protègent des rayons UV. De la crème solaire naturelle! Quand ils sont agressés, ils « jutent » une substance blanchâtre qui colle la bouche des prédateurs. Cette substance devient un fil très dur qui me rappelle la babiche. Mick l’a d’ailleurs utilisée pour réparer son harpon, comme l’a probablement fait le Premier Peuple d’Australie. Si on poignarde plusieurs fois un concombre de mer (?!?), il redevient comme neuf après quelques heures seulement. Moi je trouve ça complètement magique!
Après nos visites chez les concombres marins, c’est le temps de se régénérer. On nage dans une rivière où il n’y a personne à part la présence grandiose des melaleucas, une fois de plus. Ici, ils sont dans l’eau et la rendent antiseptique et vraiment bonne pour la peau. Elle a aussi un goût de thé à l’eucalyptus. Je regarde Mick qui m’envoie une rafale d’eau rouge en plein visage, on rit et je suis contente d’être en Australie.
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Wednesday, January 6, 2010
Akin!
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C’est tellement un gros défi de vous parler de nos vies en moins de 500 mots une fois par semaine. Plusieurs personnes que nous rencontrons pourraient faire le sujet de nombreuses pages dédiées à ces êtres merveilleux et plusieurs incidents pourraient être la source d’histoires inspirantes. Bref, me voici, avec un petit coup de soleil après ma première journée de surf, et je vais essayer de parler avec vous de tout et de rien de ma réalité actuelle. À propos, à l’auberge, il y a toujours un film très bruyant qui joue, ce qui rend ma tâche encore plus difficile … Ce soir, c’est Tropic Thunder, et à en juger par le regard absorbé et le rire bruyant de Marc, ça semble être un film assez bon pour célébrer la puissance relaxante de l’écran après une journée passée sous le soleil d’Oz.
Laissez-moi vous présenter plus intimement l’« Écran Plat ». Nos jours et nos soirées sont bercés par son omniprésence, ses sons et images nous hypnotisant pendant quelques secondes, quand, attirés par sa puissance, nous passons devant en allant vaquer à nos excitantes occupations quotidiennes. L’« Écran Plat » voit chaque jour la figure des voyageurs épuisés qui, après plusieurs heures de bus inconfortables, recherchent les cousins moelleux bien mérités d’un sofa. Ce qui rend l’« Écran Plat » vraiment spécial, ce sont les deux maîtres de cérémonie qui semblent habiter son espace électronique. En effet, pratiquement chaque fois qu’un film est placé dans le lecteur de DVD, l’auditoire a la chance de voir ces deux visages familiers : deux hommes portant des complets beiges, affichant des sourires d’info publicité. De chaque coté de l’écran, ils annoncent fièrement que le film qui sera présenté a été joyeusement piraté quelque part dans une ville surpeuplée de Thaïlande. Tous les films viennent aussi avec de charmants sous-titres de style thaïlandais et ont tous l’air d’avoir été filmés durant une nuit brumeuse comme on en trouve en Angleterre. Ou, encore mieux, comme s’ils avaient été tournés par votre tante avec sa camera merdique au dernier Noël. Nous sommes maintenant tellement habitués aux films d’une telle texture que nous ne réalisons même plus qu’ils ont un air différent de la réalité. Je n’aurais jamais cru trouver dérangeant de voir Clint Eastwood dans un film du genre « vidéo maison ». Il avait l’air nu.
Mais le meilleur, c’est quand nos deux gentlemen thaïlandais, ne laissant jamais tomber leur sourire, nous aident à trouver les « sous-titres anglais » dans le menu asiatique hautement coloré du DVD. Avez-vous vu le film Stardust? C’est vraiment un bon film, mais pour nos amis néerlandais, ça avait l’air complètement absurde. Les sous-titres apparaissent et disparaissent, et encore plus intéressant, ils racontent une histoire complètement différente, qu’on dirait tirée d’une mauvaise imitation d’une pièce de Samuel Becket. J’ai tellement ri. Durant tout le film, j’aurais voulu avoir un carnet pour inscrire les atrocités commises par le traducteur. Mais, je ne pouvais pas quitter le sofa, trop accrochée aux prochaines lignes horribles au bas de l’écran. Il y avait entre autres, ce passage où la très belle Claire Danes avoue son amour et le qualifie de tellement puissant qu’il est « unbearable » (insoutenable). Pour « unbearable », on lit « bury vessels » (enterrer les vaisseaux). Et cet autre passage où un prince obtient finalement ce qu’il veut et crie : « I’m King! » (Je suis Roi!). On lit en petites lettres blanches « Akin » (parent de quelqu’un). Pouvez-vous imaginer un film entier comme ça? Mon récit ne semble peut-être pas aussi profond que les précédents, mais certains scientifiques avancent que 5 minutes de rire aux éclats équivalent à environ 45 minutes de profonde relaxation aidant à rajeunir et à vivre plus longtemps. Je dois avoir gagné une année complète juste à regarder ce film. Merci aux films piratés pour la qualité de leur divertissement gratuit!
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C’est tellement un gros défi de vous parler de nos vies en moins de 500 mots une fois par semaine. Plusieurs personnes que nous rencontrons pourraient faire le sujet de nombreuses pages dédiées à ces êtres merveilleux et plusieurs incidents pourraient être la source d’histoires inspirantes. Bref, me voici, avec un petit coup de soleil après ma première journée de surf, et je vais essayer de parler avec vous de tout et de rien de ma réalité actuelle. À propos, à l’auberge, il y a toujours un film très bruyant qui joue, ce qui rend ma tâche encore plus difficile … Ce soir, c’est Tropic Thunder, et à en juger par le regard absorbé et le rire bruyant de Marc, ça semble être un film assez bon pour célébrer la puissance relaxante de l’écran après une journée passée sous le soleil d’Oz.
Laissez-moi vous présenter plus intimement l’« Écran Plat ». Nos jours et nos soirées sont bercés par son omniprésence, ses sons et images nous hypnotisant pendant quelques secondes, quand, attirés par sa puissance, nous passons devant en allant vaquer à nos excitantes occupations quotidiennes. L’« Écran Plat » voit chaque jour la figure des voyageurs épuisés qui, après plusieurs heures de bus inconfortables, recherchent les cousins moelleux bien mérités d’un sofa. Ce qui rend l’« Écran Plat » vraiment spécial, ce sont les deux maîtres de cérémonie qui semblent habiter son espace électronique. En effet, pratiquement chaque fois qu’un film est placé dans le lecteur de DVD, l’auditoire a la chance de voir ces deux visages familiers : deux hommes portant des complets beiges, affichant des sourires d’info publicité. De chaque coté de l’écran, ils annoncent fièrement que le film qui sera présenté a été joyeusement piraté quelque part dans une ville surpeuplée de Thaïlande. Tous les films viennent aussi avec de charmants sous-titres de style thaïlandais et ont tous l’air d’avoir été filmés durant une nuit brumeuse comme on en trouve en Angleterre. Ou, encore mieux, comme s’ils avaient été tournés par votre tante avec sa camera merdique au dernier Noël. Nous sommes maintenant tellement habitués aux films d’une telle texture que nous ne réalisons même plus qu’ils ont un air différent de la réalité. Je n’aurais jamais cru trouver dérangeant de voir Clint Eastwood dans un film du genre « vidéo maison ». Il avait l’air nu.
Mais le meilleur, c’est quand nos deux gentlemen thaïlandais, ne laissant jamais tomber leur sourire, nous aident à trouver les « sous-titres anglais » dans le menu asiatique hautement coloré du DVD. Avez-vous vu le film Stardust? C’est vraiment un bon film, mais pour nos amis néerlandais, ça avait l’air complètement absurde. Les sous-titres apparaissent et disparaissent, et encore plus intéressant, ils racontent une histoire complètement différente, qu’on dirait tirée d’une mauvaise imitation d’une pièce de Samuel Becket. J’ai tellement ri. Durant tout le film, j’aurais voulu avoir un carnet pour inscrire les atrocités commises par le traducteur. Mais, je ne pouvais pas quitter le sofa, trop accrochée aux prochaines lignes horribles au bas de l’écran. Il y avait entre autres, ce passage où la très belle Claire Danes avoue son amour et le qualifie de tellement puissant qu’il est « unbearable » (insoutenable). Pour « unbearable », on lit « bury vessels » (enterrer les vaisseaux). Et cet autre passage où un prince obtient finalement ce qu’il veut et crie : « I’m King! » (Je suis Roi!). On lit en petites lettres blanches « Akin » (parent de quelqu’un). Pouvez-vous imaginer un film entier comme ça? Mon récit ne semble peut-être pas aussi profond que les précédents, mais certains scientifiques avancent que 5 minutes de rire aux éclats équivalent à environ 45 minutes de profonde relaxation aidant à rajeunir et à vivre plus longtemps. Je dois avoir gagné une année complète juste à regarder ce film. Merci aux films piratés pour la qualité de leur divertissement gratuit!
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Monday, December 28, 2009
La beauté
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La beauté.
La beauté partout.
La beauté, et puis vous qui en êtes au cœur.
C’est sûr qu’il y a des fois où un nuage passe et je perds de vue le magnifique pour quelques instants. Mais au galop il revient, embaumant toute ma vie, me rappelant ma chance et mon devoir de m’émerveiller! J’adore quand nos yeux se laissent envoûter par des beautés nouvelles. Parfois on rencontre des gens qui semblent s’illuminer un peu plus chaque jour. On apprend à les connaitre, leur unicité se dévoile à nous et ils sont soudain une source d’inspiration.
Quand nous avons commencé notre périple sur la « Bruce Highway », je n’avais pas assez d’yeux pour enregistrer tous les méandres des branches d’eucalyptus et toutes les nuances chaudes des écorces de melaleucas… Et puis, j’ai manqué d’eau dans ce continent presque complètement sec. Le grizzly et l’écureuil en moi cherchaient la fraîcheur d’un ruisseau bordé de fougères. Et puis, magie. Comme la larve qui sort de son corps pour devenir libellule, le paysage s’est muté en cette nourriture de l’âme qui chaque jour fascine et fait sourire. Quand je vais ou reviens du travail, les grands « gum trees » au feuillage épars semblent profiter du peu de vent pour chorégraphier la plus belle danse du moment. Leur grande silhouette émerge des fines hautes herbes tant aimées des kangourous et vient se fracasser sur un ciel bleu brillant parsemé de monticules blancs immaculés. Je perle de sueur et de bonheur d’être « accro » à ce sentiment de découverte, d’adaptation, de fascination. De toujours être plus que satisfaite avec ce qui m’entoure à ce moment donné.
Ce sentiment de bonheur constant demande quand même de constants efforts, que j’adore faire ça c’est sûr! Par exemple, pour moi, l’expression « Notre pain quotidien » ne fait qu’un avec toutes les miches que je dois jeter chaque jour, J’étais tellement bien, dans ma bulle loin des vérités douloureuses de l’industrie alimentaire… C’est certain que j’en apporte à certains amis proches, mais cette ville est tellement petite, que si je commence à donner même une petite partie de ce qu’on jette, il n’y aura plus de clients! Ça me brise le cœur à chaque fois. Et puis il y a l’utilisation du papier, avec lequel on doit tout nettoyer et sécher pour des raisons hygiéniques, le chlore qui empeste sur mes mains même la nuit, et le recyclage qui est juste complètement inexistant. Comme à l’auberge d’ailleurs. En bonne citoyenne, j’ai appelé le conseil pour m’assurer du bon fonctionnement de la cueillette des bacs. Rassurée, je ramasse maintenant les bouteilles de mes collèges et vais les porter dans les bacs à la plage. À voir leur réaction, j’ai espoir qu’un jour elles le fassent elles-mêmes… Mais, comme mentionné plus haut, ce n’est pas assez pour perdre mon enthousiasme face à chaque jour que la vie amène!
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La beauté.
La beauté partout.
La beauté, et puis vous qui en êtes au cœur.
C’est sûr qu’il y a des fois où un nuage passe et je perds de vue le magnifique pour quelques instants. Mais au galop il revient, embaumant toute ma vie, me rappelant ma chance et mon devoir de m’émerveiller! J’adore quand nos yeux se laissent envoûter par des beautés nouvelles. Parfois on rencontre des gens qui semblent s’illuminer un peu plus chaque jour. On apprend à les connaitre, leur unicité se dévoile à nous et ils sont soudain une source d’inspiration.
Quand nous avons commencé notre périple sur la « Bruce Highway », je n’avais pas assez d’yeux pour enregistrer tous les méandres des branches d’eucalyptus et toutes les nuances chaudes des écorces de melaleucas… Et puis, j’ai manqué d’eau dans ce continent presque complètement sec. Le grizzly et l’écureuil en moi cherchaient la fraîcheur d’un ruisseau bordé de fougères. Et puis, magie. Comme la larve qui sort de son corps pour devenir libellule, le paysage s’est muté en cette nourriture de l’âme qui chaque jour fascine et fait sourire. Quand je vais ou reviens du travail, les grands « gum trees » au feuillage épars semblent profiter du peu de vent pour chorégraphier la plus belle danse du moment. Leur grande silhouette émerge des fines hautes herbes tant aimées des kangourous et vient se fracasser sur un ciel bleu brillant parsemé de monticules blancs immaculés. Je perle de sueur et de bonheur d’être « accro » à ce sentiment de découverte, d’adaptation, de fascination. De toujours être plus que satisfaite avec ce qui m’entoure à ce moment donné.
Ce sentiment de bonheur constant demande quand même de constants efforts, que j’adore faire ça c’est sûr! Par exemple, pour moi, l’expression « Notre pain quotidien » ne fait qu’un avec toutes les miches que je dois jeter chaque jour, J’étais tellement bien, dans ma bulle loin des vérités douloureuses de l’industrie alimentaire… C’est certain que j’en apporte à certains amis proches, mais cette ville est tellement petite, que si je commence à donner même une petite partie de ce qu’on jette, il n’y aura plus de clients! Ça me brise le cœur à chaque fois. Et puis il y a l’utilisation du papier, avec lequel on doit tout nettoyer et sécher pour des raisons hygiéniques, le chlore qui empeste sur mes mains même la nuit, et le recyclage qui est juste complètement inexistant. Comme à l’auberge d’ailleurs. En bonne citoyenne, j’ai appelé le conseil pour m’assurer du bon fonctionnement de la cueillette des bacs. Rassurée, je ramasse maintenant les bouteilles de mes collèges et vais les porter dans les bacs à la plage. À voir leur réaction, j’ai espoir qu’un jour elles le fassent elles-mêmes… Mais, comme mentionné plus haut, ce n’est pas assez pour perdre mon enthousiasme face à chaque jour que la vie amène!
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Saturday, December 19, 2009
Étoiles et grenouilles
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Vous êtes-vous déjà demandé quels sont tous les secrets qu’une femme de ménage peut connaître sur ses clients? De quels moments intimes elle est témoin quand elle travaille dans les hôtels, quels petits trésors elle trouve et quels objets bizarres elle jette? Comment elle perçoit la race humaine en fonction du désordre laissé par un client qui quitte une chambre? Pendant quelques jours, j’ai fait partie du joyeux groupe appelé : « le service de ménage des Suédoises et de Steph ». Nous frappions aux portes des dortoirs des randonneurs à 9 h … juste à temps pour voir et sentir le plaisir des gueules de bois et/ou de nous rendre compte que nous n’étions vraiment pas dans notre élément …
Une brise merveilleuse me caresse la peau; j’entends un film à la télé et d’ici, j’aperçois les nombreux étrangers, tous assemblés sur le sofa, les yeux rives sur l’écran. Marc joue au ping-pong avec notre ami des Pays-Bas, Marjan, pendant que les Suédoises, Anna, Louise et Johanna, flattent les chiens (qui aiment bien manger les balles de ping-pong…). Les oiseaux, les grenouilles, les criquets et les cicadas compétitionnent pour savoir lequel est le plus bruyant lorsque la nuit tombe sur le bush. Bientôt, je retournerai chez moi, à 17 pas du bourdonnement de ce petit village international de chalets, et à travers la moustiquaire de ma tente, je verrai peut-être un hibou sur une branche d’eucalyptus ayant pour toile de fond une tapisserie d’étoiles brillantes.
Nous nous sommes finalement « installés ». Il y a deux semaines, nous sommes tombés amoureux d’Agnes Water et de la ville de 1770. Ça nous est arrivé en voyant combien ces villages étaient beaux et amicaux. Et, je devrais peut-être ajouter le comité de bienvenue des dauphins qui sont venus nager à deux mètres de notre table à pique-nique le premier jour. Puis, nous avons rencontré Rodney, Marcy et Breck, nous avons fait du kayak avec des raies dans un tunnel de mangroves et nous avons trouvé un petit restaurant où ils servaient… eh bien, croyez-le ou non, ils servaient de la poutine! J’ai cherché partout pour un emploi lié à la communauté et dans le processus, j’ai rencontré d’autres gens merveilleux, comme Phil, le directeur de l’unique petite école de la région. Il y aurait eu de travail pour moi, sauf que, nous sommes en été … et comme au Québec, en été, les enfants sont en vacances!
Alooors, quatre jours par semaine, je vends les gâteries préférées des gens du coin dans une pâtisserie, un jour par semaine, je suis réceptionniste au Southern Cross Backpackers Resort (où nous campons) et j’enseignerai l’Espagnol à deux amis, deux jours par semaine! Je surferai pour la première fois et je prendrai des leçons de pagaie debout et j’essaierai d’accompagner Marc au récif le plus souvent possible! Pour compenser le fait que je n’ai pas trouvé d’emploi où je peux améliorer le monde à chaque instant, je donne tous mes sourires aux gentils gens du coin qui viennent acheter du pain! C’est vraiment satisfaisant et c’est très agréable d’entendre mon accent changer! Je rends aussi les clients Français très heureux en leur enseignant comment les choses se nomment par ici…
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Vous êtes-vous déjà demandé quels sont tous les secrets qu’une femme de ménage peut connaître sur ses clients? De quels moments intimes elle est témoin quand elle travaille dans les hôtels, quels petits trésors elle trouve et quels objets bizarres elle jette? Comment elle perçoit la race humaine en fonction du désordre laissé par un client qui quitte une chambre? Pendant quelques jours, j’ai fait partie du joyeux groupe appelé : « le service de ménage des Suédoises et de Steph ». Nous frappions aux portes des dortoirs des randonneurs à 9 h … juste à temps pour voir et sentir le plaisir des gueules de bois et/ou de nous rendre compte que nous n’étions vraiment pas dans notre élément …
Une brise merveilleuse me caresse la peau; j’entends un film à la télé et d’ici, j’aperçois les nombreux étrangers, tous assemblés sur le sofa, les yeux rives sur l’écran. Marc joue au ping-pong avec notre ami des Pays-Bas, Marjan, pendant que les Suédoises, Anna, Louise et Johanna, flattent les chiens (qui aiment bien manger les balles de ping-pong…). Les oiseaux, les grenouilles, les criquets et les cicadas compétitionnent pour savoir lequel est le plus bruyant lorsque la nuit tombe sur le bush. Bientôt, je retournerai chez moi, à 17 pas du bourdonnement de ce petit village international de chalets, et à travers la moustiquaire de ma tente, je verrai peut-être un hibou sur une branche d’eucalyptus ayant pour toile de fond une tapisserie d’étoiles brillantes.
Nous nous sommes finalement « installés ». Il y a deux semaines, nous sommes tombés amoureux d’Agnes Water et de la ville de 1770. Ça nous est arrivé en voyant combien ces villages étaient beaux et amicaux. Et, je devrais peut-être ajouter le comité de bienvenue des dauphins qui sont venus nager à deux mètres de notre table à pique-nique le premier jour. Puis, nous avons rencontré Rodney, Marcy et Breck, nous avons fait du kayak avec des raies dans un tunnel de mangroves et nous avons trouvé un petit restaurant où ils servaient… eh bien, croyez-le ou non, ils servaient de la poutine! J’ai cherché partout pour un emploi lié à la communauté et dans le processus, j’ai rencontré d’autres gens merveilleux, comme Phil, le directeur de l’unique petite école de la région. Il y aurait eu de travail pour moi, sauf que, nous sommes en été … et comme au Québec, en été, les enfants sont en vacances!
Alooors, quatre jours par semaine, je vends les gâteries préférées des gens du coin dans une pâtisserie, un jour par semaine, je suis réceptionniste au Southern Cross Backpackers Resort (où nous campons) et j’enseignerai l’Espagnol à deux amis, deux jours par semaine! Je surferai pour la première fois et je prendrai des leçons de pagaie debout et j’essaierai d’accompagner Marc au récif le plus souvent possible! Pour compenser le fait que je n’ai pas trouvé d’emploi où je peux améliorer le monde à chaque instant, je donne tous mes sourires aux gentils gens du coin qui viennent acheter du pain! C’est vraiment satisfaisant et c’est très agréable d’entendre mon accent changer! Je rends aussi les clients Français très heureux en leur enseignant comment les choses se nomment par ici…
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